Pêche illégale : commet stopper ce fléau ?

L’océan est une frontière sans loi. Les États ont juridiction sur les eaux situées à moins de 200 milles de leurs côtes, mais pour de nombreux pays, un contrôle efficace de ces eaux est quasi-impossible. Et les hors-la-loi pris en flagrant délit s’échappent facilement vers la sécurité de la haute mer.

La pêche illégale sévit depuis longtemps dans les océans du monde, compromettant le développement économique, la sécurité nationale, la sécurité alimentaire et les droits de l’homme et nulle part cela n’est plus flagrant que dans le Pacifique.

La pêche illégale n’affecte pas seulement l’environnement. Elle menace tout un secteur productif et prive les États de 10 à 23 milliards de dollars par an. Malgré le manque d’informations statistiques sur la pêche illégale, on sait que les perspectives des ressources halieutiques sont sombres : l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que 50 % des captures de poisson dans le monde proviennent d’activités illégales.

La pêche illégale est une menace qui plane non seulement sur un pays quelconque, mais le monde entier. Il faut donc le combattre, mais comment ?

La pêche illégale : de quoi s’agit-il ?

La pêche illégale ou pêche INN fait référence à la pêche qui enfreint la loi, ne déclare pas ou déclare faussement les prises, et la pêche non réglementée fait référence à la pêche qui échappe à la réglementation.

Des exemples spécifiques de pêche illégale comprennent les opérations effectuées par des navires de nationalité (navires battant pavillon de complaisance) qui ne sont pas réglementés dans une zone maritime spécifique. Dans l’industrie de la pêche en utilisant des navires battant pavillon de complaisance, il est possible d’opérer en haute mer et dans d’autres eaux gérées par l’Organisation régionale de gestion des pêches (ORGP). Il existe ceux qui contournent les réglementations en utilisant des navires de nationalités autres que les pays membres de l’ORGP. Cela devient un problème dans la gestion des ressources. On estime que la capture de la pêche illégale et non déclarée est de 26 millions de tonnes chaque année, ce qui suggère la gravité de ce problème. Vous pouvez consulter d’autres statistiques sur planete-ecologie.com .

En outre, la pêche INN constitue une menace directe pour l’écologie, la sécurité alimentaire et la stabilité socio-économique dans de nombreuses régions du monde. Les pays en développement qui dépendent de la pêche pour leur sécurité alimentaire et leurs revenus d’exportation sont les plus menacés par la pêche INN. Par exemple, les captures totales en Afrique de l’Ouest sont estimées à 40 % de plus que les captures déclarées. De nombreux membres d’équipage des navires de pêche INN viennent de régions pauvres et sous-développées du monde et travaillent souvent dans des conditions dangereuses.

Plus d’outils que jamais pour mettre fin à la pêche INN

L’Union européenne a promulgué une législation solide au cours de la dernière décennie pour fermer les marchés aux espèces marines pêchées illégalement, et d’autres pays améliorent leur législation et leurs réglementations. L’organisme mondial d’application de la loi Interpol dispose d’une unité spéciale pour aider les pays à identifier et à capturer les contrevenants. Des pays comme la Thaïlande, l’Indonésie et l’Espagne infligent des sanctions plus lourdes aux navires de pêche INN. Et les grandes avancées technologiques telles que l’apprentissage automatique et les données satellitaires sur les mouvements des navires facilitent la détection des actes répréhensibles présumés.

L’union fait la force

La pêche INN ne peut être combattue que par une approche globale, offrant une opportunité de coopération entre États. Les organisations régionales de gestion des pêches travaillent avec l’Organisation maritime internationale pour renforcer les exigences de responsabilité à bord des navires de pêche commerciale à travers le monde.

Tous les États doivent continuer à lutter collectivement contre le fléau de la pêche illégale afin de protéger les environnements marins sensibles et la durabilité alimentaire, de prévenir des dommages irréparables aux économies côtières, de lutter contre la corruption et les activités criminelles associées, et de défendre la souveraineté et la sécurité des nations maritimes du monde.

Lutte contre la pêche illégale dans les ports

Le problème évident d’essayer de contrôler l’océan est qu’il couvre 70 % de la planète. Peu de pays disposent des ressources nécessaires pour surveiller et faire respecter efficacement leurs propres eaux, sans parler de la haute mer. Mais les États côtiers ont la possibilité de patrouiller qui peut utiliser leurs ports, ce qui amène la lutte contre la surpêche à terre et à portée de main.

À cette fin, l’un des mesures récentes les plus importants dans la lutte contre la pêche INN est l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port (PSMA) de 2016. Seul accord international contraignant axé sur la lutte contre la pêche illégale. Il établit des normes et des processus minimaux que les ports doivent appliquer lorsque des navires étrangers demandent à entrer que ce soit pour décharger leurs prises, faire le plein ou effectuer des réparations. Tout navire soupçonné de pratiques de pêche INN peut être inspecté ou se voir refuser l’accès au port. Rien ne dissuade mieux un voleur que de ne pas pouvoir décharger la marchandise.

Toutefois, le PSMA n’est pas encore aussi efficace qu’il devrait l’être. D’une part, seuls 64 pays l’ont adopté. Pour qu’il soit vraiment efficace, tous les pays dotés de ports doivent adhérer et appliquer le système de manière uniforme.